Edouard BETOUX naît le 11 février 1859 à Naillat de Gabriel BETOUX et de Marie Louise PINOT. Il est dit propriétaire-cultivateur au Peyrat à Naillat.
Il épouse le 21 avril 1888 à Naillat Marie Céline BORD, née le 4
janvier 1870 à Saint-Sulpice-le-Dunois de Firmin BORD et de Céline DUMOULIN.
De ce mariage naîtront deux enfants :
Fernand BETOUX, né le 12 avril 1892 à Naillat, épouse le 30 avril 1921 à
la Roche Posay Germaine ROYER, dont :
- Claude BETOUX
- Marie-Thérèse BETOUX
après la mort de son épouse en 1925 à la naissance de Marie-Thérèse, Fernand se remarie avec
Suzanne BRIANT, notaire à la Roche Posay, dont :
- Jean BETOUX
Fernand BETOUX décède le 25 février 1978.
Albert BETOUX,
né le 25 janvier 1895 à Naillat, épouse le 6 juin 1929 à Paris Marie
Céline OBLET qui décède deux mois après son mariage le 23 août 1929
d'une intoxication alimentaire. Il se remarie le 13 septembre 1930 avec
Marguerite Léonie AUBIN, dont :
- Jacques BETOUX
- Bernard BETOUX
Albert BETOUX décède le 17 mars 1977.
De la Creuse à la Roche Posay : itinéraires de Fernand et Albert Betoux
Le hameau du Peyrat est le berceau de la famille : l'arbre généalogique qui remonte à 1622 fait état de maçons, laboureurs, cultivateurs, propriétaires. Huit générations de Betoux
ont œuvré par acquisitions successives à la constitution d'une ferme,
qui au 20ème siècle comptait 29 ha de terres sur 35 parcelles, des
étables, des granges et une bergerie.
Fernand et Albert
passent leur enfance dans la maison familiale et leur scolarité à
l'école communale de Naillat. Puis c'est la pension au Lycée de Guéret
pour Fernand, au collège d' Ahun et au lycée Gay-Lussac de Limoges pour
Albert.
Fernand
poursuit ses études par une capacité en droit à la faculté de Limoges
et commence sa carrière notariale comme Clerc à l’étude de Maître
Ernest Baraige de Naillat. En 1912 il est appelé sous les drapeaux: 3
ans de service militaire suivis de 4 ans de guerre à servir dans la
cavalerie au 7ème régiment de Hussards.
Albert est
incorporé le 17 décembre 1914 à 19 ans au 122ème régiment d'infanterie
et va se battre sur le front de l'Oise. Fait prisonnier en avril 1918 à
Coucy-le-Château, il termine la guerre en captivité en Allemagne. De
retour en France, il reprend ses études interrompues par la guerre à
l’École supérieure de commerce de Paris puis commence sa carrière
professionnelle à la compagnie Optorg
En 1923, Fernand s'installe à
La Roche-Posay pour reprendre l'étude de Maître Vaillant . Il y
exercera sa charge de notaire jusqu'à la retraite. Sa passion pour les
chevaux héritée des sept longues années passées sous les drapeaux le
pousse à s’intéresser aux courses hippiques. Avec M. Bordier, élu
local, maire de Vicq-sur-Gartempe, il crée le 24 octobre 1926 la
Société des courses : la première journée de courses se tient le 7 août
1927, elle comprend 6 épreuves. Jusqu’à la fin de sa vie Fernand y assurera ses responsabilités de gestionnaire et secrétaire . Dans les années 2020, il existe toujours un prix Fernand Betoux parmi les courses tenues à l'hippodrome de la Roche-Posay.
En 1924, Albert est engagé au
sein de la Société hydrominérale de La-Roche-Posay comme directeur
commercial. Il s'occupe de l'exploitation et de la commercialisation
des eaux embouteillées. L'eau de la source Lucine aux propriétés anti
vomitives est appréciée chez les femmes enceintes et les sujets
sensibles au mal de mer : c'était l'eau distribuée sur les paquebots de
la Compagnie Générale Transatlantique (ligne de New-York). Après une
extension au marché international l'eau de la source Saint
Cyprien a été connue comme étant « l'eau des coloniaux ». A partir de
1927, il développe à Paris dans un hôtel particulier de la rue de
Vintimille la « cure thermale en toutes saisons » avec l'eau de La
Roche-Posay qui arrivait en tonnelets. En 1942,en pleine guerre, il est
nommé président directeur général de la SHRP et vient s'installer avec
sa famille à La Roche-Posay. Il y assume cette fonction jusqu'en 1951,
date à laquelle il donne sa démission pour se consacrer à
l'exploitation de la propriété familiale de Livron sur Drôme.
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Fernand Betoux

Albert Betoux

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le Grand Etablissement thermal de la Roche Posay
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l'inauguration des tribunes de l'hippodrome de La Roche Posay
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Benjamin BORD,
oncle de Fernand et Albert BETOUX, sera également une grande figure de
la Roche-Posay. Médecin, érudit, amateur d'art, il a laissé son nom à
une rue de la Roche Posay.
Louis Joseph Benjamin BORD est né le 27 février 1877 à Saint Sulpice le Dunois de Firmin
BORD et de Céline DUMOULIN. Sa mère Céline DUMOULIN décède dès 1878, il
n'a qu'un an. Il épouse en 1909 Marie Paule Antoinette ISAAC, fille
d'un médecin de Marseille. Benjamin BORD décèdera le 10 septembre 1952
à Dun le Palestel.
Benjamin Bord, médecin, érudit et amateur d'art
Benjamin Bord et
sa sœur Marie-Céline épouse d’Édouard Betoux sont nés à Puy-Léger, un
hameau de Saint Sulpice le Dunois proche du Peyrat et de
Dun-le-Palestel. Son père Firmin Bord est cultivateur à Puy-Léger ; son
grand-père Vincent Bord était cultivateur et maçon à Naillat. Sa
mère est issue d'une famille de charpentiers les Dumoulin de Saint
Sulpice le Dunois.
Orphelin très tôt de sa mère, Benjamin
est envoyé au lycée de Guéret ou il se distingue par ses capacités
intellectuelles et ses résultats brillants. En 1897, son bac en
poche, il commence ses études de médecine à Poitiers. Il en profite
pour faire ses premières armes comme rédacteur de la revue estudiantine
« Poitiers universitaire ». Il poursuit ses études à Paris en
choisissant la voie royale de l'externat des hôpitaux. En 1905, il est
interne des hôpitaux de Paris et rejoint l'élite de la médecine
française parmi les 58 admis listés dans l'annuaire de l'association.
Spécialisé en oto-rhino-laryngologie, il travaille à l’hôpital des
enfants assistés et ouvre son cabinet rue de Rome.
Doté d'un goût certain pour la recherche historique et les arts, Benjamin
conçoit en 1911 la revue Æsculape, exploitant un créneau inédit pour
l'époque : publier « une revue illustrée des lettres et des arts dans
leurs rapports avec les sciences et la médecine ». Le succès est total
et la revue devient rapidement l'organe officiel de la société
internationale d'histoire de la médecine. Elle paraît jusqu'en 1974, et
Benjamin Bord la dirige jusqu'aux ultimes jours de sa vie en 1952.
Ses compétences en matière médicale et son sens aigu des affaires
l’entraînent vers la création et la commercialisation de nouveaux
médicaments. C'est le cas du Balza Morhinol, ces gouttes nasales pour
soigner les rhumes que l'on a trouvées dans toutes les pharmacies pendant
plus de 50 ans. C'est aussi le cas du Chlorocalcion, devenu rapidement
une grande spécialité française.
Passionné d'histoire, il découvre en 1920 à la bibliothèque nationale
un opuscule daté de 1573 signalant les vertus des eaux qui jaillissent
d'une fontaine à « La Roche de Pouzay ». Il s'y rend et trouve une
station thermale en état de faillite. La faire revivre et la développer
est l’œuvre de sa vie : il entre au capital de la société, en devient
le principal actionnaire et l'administrateur. Il achète des terrains,
fait construire le nouvel établissement thermal, organise l'accueil et
la distraction des curistes en s'impliquant dans la construction de
l'hippodrome, l'ouverture du casino. Il lance des campagnes
publicitaires notamment via son journal Æsculape. Il mobilise sa
famille pour le seconder ; ce n'est pas un hasard si son neveu
Fernand acquiert sa charge de notaire à La Roche-Posay et si Albert
rejoint la Société Hydrothermale de La Roche Posay (SHRP).
Lettré, érudit, amateur d'art, il accumule une fantastique
bibliothèque, des toiles de peintres très variés, des sculptures de
Rodin et Carpeaux, des tapisseries d'Aubusson et de précieux
émaux limousins. Lorsque en 1940, poussé par la guerre il doit
déménager précipitamment de Paris pour Dun-le-Palestel, sa bibliothèque
pèse 13 tonnes et remplit plusieurs camions.
A sa mort, il légue au musée de Guéret ses collections d'art et sa
bibliothèque ; une salle complète lui a été consacrée. La commune de
Dun-le-Palestel reçoit sa maison et le parc qui deviendront une école
maternelle ; l'hospice reçoit le bois de Chabannes qu'il avait fait
entièrement replanter.
Marie-Paule, sa veuve restée sans enfant, décéde quelques temps après lui.
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d'après les éléments de Jacques Betoux
et la biographie du Dr B. Bord, par le Dr O. Castel,
"Mémoires de la Société des Sciences naturelles, archéologiques et historiques de la Creuse" (tome 53), Guéret, 2007 |
stèle de Benjamin Bord


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